mardi 27 mai 2014

bronde

Bronde. Brrrrr, hum. Broaps. Pardon.

Bronde, donc. Cette affreuse contraction de "brune" et "blonde". On commence à le lire un peu partout. C'est laid, c'est affligeant, ça ressemble à une onomatopée, mais qu'est-ce que ça me fait marrer !
La novlangue ne me fait jamais autant rire que lorsqu'elle commet un barbarisme pour rebaptiser à coup de hype un truc qui existe depuis des années.

Eh ouais, ouvrez les yeux.


un indice se cache dans cette capture d'écran offerte par Google
Le problème, ce n'est pas la couleur elle-même (on fait bien ce qu'on veut avec la couleur de ses poils de tête), c'est le terme que la presse et la blogo commencent à s'amuser à lui associer.
Ce truc est une belle arnaque, derrière le néobarbarisme se cache un bon vieux châtain travaillé à coup de mèches et de reflets chauds. Et ça fait un bail que le truc a été adopté par environ toutes les actrices brunes qui n'assument pas leur couleur de base mais qui ne veulent pas pour autant jouer dans la catégorie fausse blonde.

Un de plus beau exemple nous vient de Jennifer "Rachel" Aniston qui porte cette couleur depuis le début de sa carrière. Pour celles et ceux qui sont assez vieux pour s'en rappeler, il y avait un genre d'obsession collective autour de cette couleur et des éventuels changements de coupe de l'actrice. Tous les volumes y sont passés, mais elle est restée fidèle à son fond de châtain plus ou moins éclairci. Jennifer Aniston n'aurait pas eu la même carrière si elle n'avait pas eu cette couleur de cheveux.

Allô ? Les années 90 ?



Bref, comme d'hab, la mode tourne en boucle et nous ressert une bonne vieille recette dans un nouveau plat. J'ai ricané encore un peu plus quand j'ai vu quel grand industriel avait récupéré (ou initié, j'ai un doute) cette "tendance". Bizarrement, sans surprise, c'était encore une fois L'Oréal.

moi, moi, moi

Merci L'Oréal pour cette belle image de la femme moderne, indépendante et pas du tout ornementale.


Châtain et pas bronde, hein, on est bien d'accord ?

mercredi 14 mai 2014

presser le macaron

Qui aujourd'hui n'a pas encore entendu parler de Ladurée, la prestigieuse pâtisserie parisienne patrimoniale pompier à Perpignan. Point culture : à la base, avant de faire des allitérations en P et du pognon à foison, Ladurée s'occupait uniquement de gâteaux, depuis 1862 selon les dires de la marque. Nous aborderons un autre jour la question des allégations historiques trop facilement mises en avant.


vous les remettez ? (photo Wikimedia Commons)
C'est grâce aux efforts conjugué d'un marketing agressif innovant et de Sofia Coppola que nous subissons depuis bientôt dix ans cette marée noire de rose poudré et de vert amande.
Une fois le gâteau girly bien installé (macarons, cupcakes, religieuses et autres cochonneries du même genre), nous avons ensuite eu droit à la mode non moins sirupeuse des cosmétiques gourmands.
 Le gâteau girly restant avant tout un gâteau, à savoir un amalgame de gras et de sucre, il s'agissait de trouver un moyen d'exploiter à fond la frustration d'un cœur de cible perpétuellement au régime en leur fourgant du produit dérivé qui sent bon et qui ressemble visuellement à tout ce qu'elles ne peuvent pas manger. Ladurée avait alors lancé en collaboration avec Sephora une ligne de produits pour le bain, crèmes pour le corps, gloss et autres bougies parfumées. Soit, ça sentait l'amande, c'était niaiseux et sexiste, ça cassait pas trois pattes à un canard, mais à la limite, ça pouvait rester rigolo.


gloss Ladurée vintage

Cette année, ils récidivent. Fallait pas, les mecs. Fallait, vraiment pas.

Pourtant, ça commençait pas mal, je traînais sur le site de Sephora avec l'idée de dépenser des sous. Et je suis tombée dessus. Ouais, tombée, parce que ça a quand même fait un peu mal, pas qu'au yeux, à l'éthique, aussi. Parfaitement, on peut avoir mal à l'éthique, cet organe méconnu.
Ensuite, j'ai oublié cette abomination marketing charmante création pour pigeonnes et j'ai repris une vie normale, jusqu'à ce que le Beauté blog descende en flèche ce qu'ils ont osé appelé blush. Le tout, après une journée bien pourrave, j'avais trouvé mon exutoire.

notez le subtil glissement du rétro vers le girly

Cette collection de maquillage est un festival de ce qui se fait de pire en matière de make up. En photo, le packaging semble déjà super cheap et ça ne s'améliore pas en fouillant un dans les commentaires clientes : "Effectivement la matière est en plastique mais est du plus bel effet et imite parfaitement le verre". Tout est dit, le cœur de cible a parlé.

nature morte cheapos par Ladurée
Ladurée te vend du rêve, en plastique, à prix d'or. Parce que tout ceci a un prix, et ce prix défie l'entendement.
Le produit d'appel est un petit baume à lèvres dans une boîte toute mignonne, le machin vous coûtera la modique somme de 24€, rien que ça. La marque use ensuite de cette magnifique invention du "à partir de" avec un prix pas trop élevé derrière et d'un gros craquage sur les prix du reste de la gamme. Ainsi, pour 39€, vous pourrez faire l'acquisition d'une somptueuse boîte en plastique vide qu'il faudra ensuite remplir à l'aide des pétales de blush de votre choix à 81€ pièce, soit un total de 120€. Même rengaine pour le blush compact (15€ + 37€), la poudre compacte (16€ + 44€) et la poudre libre (45€ + 82€).
La marque s'illustre également avec des produits d'une remarquable inutilité telle cette base pour fard à joues qui vous coûtera la bagatelle de 41€. Mais le pompon du foutage de gueule revient au pinceau à 58€, évidemment pensé pour accompagner les délicats pétales de blush. Il y a des vibros moins chers et je pense, beaucoup plus efficaces pour faire monter le rose aux joues. Personnellement, mes pinceaux viennent de marques infiniment plus pro et environ deux à trois fois moins chers.Même Guerlain ou Chanel qui jouent pourtant dans une autre catégorie n'osent pas pratiquer de tels prix.
En creusant un peu, on pourrait voir un début de semblant de logique, à savoir, une tentative d'implantation de cosmétiques asiatiques (parce qu'il s'agit bien de ça) dans les circuits de grande distribution. 


la gamme japonaise

Sauf que les fans françaises de cosmétiques asiatiques connaissant déjà leurs classiques et qu'Etude House fait la même chose en mieux et en moins cher avec par exemple son célebre blush en forme de petits cœurs.
le blush girly version Etude House
Pour apprécier l'ensemble du massacre, et éventuellement tester les produits, ça se passe au Sephora Champs-Elysées. Je vous laisse découvrir l'ensemble de la gamme Les Merveilleuses et ses prix français ici et jouer avec vos calculettes pour convertir le tout en semaines de courses, cette unité magique qui me permet généralement de réfréner des achats trop délirants.



ma réaction globale face à la gamme "Les Merveilleuses"
Pour le prochain post, nous parlerons de choses beaucoup plus intéressante, saines et à des prix accessibles.

dimanche 30 mars 2014

Nailstorming #50 - Rock'n roll, Baby!

C'est dimanche, c'est Nailstorming malgré le mal de gorge carabiné que j'ai réussi à choper. Puis vu le thème, hein, j'aurais été ben bête de pas participer. Vous ne le savez pas encore, mais, le rock et moi, c'est une looongue histoire. J'ai commencé sur le tard, mais le virus ne m'a plus quittée depuis (l'inverse de ce que je souhaite aux microbes squatteurs du moment).

J'étais dans ma période concert, en 2002, celle qui était ma copine de concert, et qui est depuis devenu ma plus vieille amie, m'a alors proposé d'aller écouter un petit groupe pas très connu qui allait passer dans quelques mois à Paris. Elle m'a donc fait écouter cette chanson, et je n'ai jamais décroché depuis. Les White Stripes, puisqu'il s'agit d'eux sont depuis cette date mon groupe préféré de la vie et je suis instantanément devenue une espèce de fan girl de base d'environ tout ce que trafique Jack White. Sa musique reste un de mes meilleurs moteurs en cas de coup de mou. Et puis aussi, la guitare qui me file la chair de poule.

Tranche de vie mise à part, les White Stripes, ça claque plutôt pas mal question visuel : rouge, blanc, noir. Basique, efficace. Le hasard ayant fait que j'avais déjà une couche de rouge sur les ongles, j'ai recyclé sans vergogne.



Pour la base rouge, Ole Caliente! d'Essie faisait parfaitement l'affaire. J'ai sorti mon blanc Konad, mon Camelot d'A England, un petit marqueur pour les traits fins, un dotting tool, un pinceau et zou !


Le résultat est moins net que ce que j'avais dans la tête, mais l'ensemble fonctionnait plutôt pas mal, et, pour une fois, j'ai résisté à la tentation des paillettes.






L'assortiment de couleurs fonctionne plutôt carrément bien et qu'il refera une sortir sur mes ongles dans les jours à venir.

Je vous laisse avec un peu de musique (si ça vous plaît, fouillez la page officielle, et sortez vos mouchoirs puisque le groupe s'est séparé après sept albums dont un live), bonne soirée ou bon début de semaine et n'oubliez pas votre petite laine (kreu kreu).

dimanche 9 mars 2014

nailstorming #47 paillettes en gelée

Ce matin, il y avait du soleil, j'étais motivée et le thème de la semaine était simple et allait bien avec la lumière. Jelly, paillettes, paillettes, jelly, banco.

Le jelly sandwich un bon basique du nail art déclinable à environ toutes les sauces, combinable avec des motifs, du gradient, etc... Facile et très rapide quand on s'en tient à une simple superposition, j'ai sorti mes flacons, associé des jellies avec des paillettes, dégainé mon bon vieux 350 D et roule ma poule.

J'ai commencé, simple, dans des tons pastels avec Magic Hour de Cirque et Vanity Fairest d'Essie (dont le flacon a tellement vécu qu'il n'est plus très photogénique).
Du simple, du facile, que j'avais déjà fait dans la semaine : ça fonctionne bien, c'est tout doux et ça passe partout.

ma redécouverte de la semaine, le délicat Magic Hour


Joli et un peu ennuyeux puisque dénué de tout risque.

J'ai ensuite cherché à twister le machin : paillettes colorées ? fluos ? Vu, revu et rerevu.
Je n'ai pas cherché l'originalité à tout prix, mais après avoir pas mal tourné autour de nuances flamant sauce crevette, j'ai voulu tenter avec un petit corail retrouvé au fond de mon tiroir. 


je brille, je luis, je pique les yeux

Au final, on obtient quelque chose à la fois voyant et subtil, le petit effet de profondeur apporté par les paillettes reste beaucoup plus discret que les mêmes posées en top coat. N'oublions pas qu'un des atouts majeurs du jelly sandwich, c'est sa capacité à dompter la paillette et à la rendre portable autrement qu'en boîte ou sur le Vieux Port au milieu des autres cagoles sardines.
J'en profite pour refaire une déclaration d'amour au pinceau Kiko qui me fait des lunules parfaites quasi à chaque fois, je me suis auto-impressionnée avec mes macros.
Le corail était pas mal, mais je ne me suis pas arrêtée là, puisque je venais de me payer un petit bleu de chez Kiko, jelly lui aussi, je me suis dit que le sandwich de paillettes, ça se tentait.
Dont acte.
EP V.S Kiko, le choc des cultures
jelly bleue, ou comment scintiller discret
et zoom sur les paillettes, puisque la mise au point était bien faite
Résultat, le mélange est plutôt chouette, même s'il ne me convainc pas totalement... Si ça vous tente, n'oubliez pas que le bleu reste foncé, même en jelly : avant de passer les Hello New York, il y avait eu une petite couche du sublime 528 d'Ozotic qui ne rendait rien. C'est toujours ça de pris avec cette manucure qui restera au rang d'expérimentation, je n'aurais pas complètement gâché mon 528.

Et on se repasse une petite couche de corail parce que celle-là, je sens que je vais la ressortir cet été avec toutes les nuances approchantes que je pourrai trouver.

lundi 24 février 2014

buzz-moi encore, buzz-moi plus fort

Ces derniers temps, j'ai été confrontée à plusieurs reprises à un concept assez dingue : la série limitée autrement appelée quota.

Pour un visa d'immigration, je comprends parfaitement et ça me permet de passer pour une fille futile au dernier degré sur Twitter, soit. Générer du buzz avec une date de sortie mondiale et/ou un nombre d'exemplaires ultra limité pour des pièces exceptionnelles (haute couture, joaillerie, fusée plaquée or, chien à trois têtes), ça se conçoit aussi, soit. En revanche, orchestrer un plan com' à échelle mondiale pour un truc issu de la production de masse, si beau et si attrayant soit-il, non.
Eux, ils appellent ça du marketing, ma grand-mère parle plutôt d'attrape-nigaud, et du point de vue moral, c'est extrêmement discutable.

(source mashable.com)

Procédons maintenant à une petite déconstruction marketing.
La marque cherche à vous carotter se faire un maximum de pognon, quelle que soit la qualité de leur camelote. Pour cela, il existe plusieurs procédés.
Certains vont tout miser sur le côté innovant de leur nouveau bébé, quitte à vous raconter des bobards. Rappelez-vous le tsunami de BB et CCchoses qui fait encore des vaguelettes aujourd'hui : tout le monde sortait sa BBcream, à grand renfort de promesses type 8-en-1. Encore un peu plus, et la BB se serait vu conférer le pouvoir de réveiller les morts et de faire revenir l'être aimé.
Nous avons aussi le bon vieux classique du principe de saison, comme pour le prêt-à-porter.  De ce côté-là, aucun souci, la notion de série limitée est comprise dans le principe. Idem pour les micro-collections type Noël, Nouvel An ou autre, ça passe.
On trouve ensuite des pratiques de communication un peu plus douteuses, qui se résumeraient "à buzz-moi encore, buzz-moi plus fort (et surtout, surtout, réfléchis pas)". Ce procédé marketing-ci va à son tour se décliner selon plusieurs modes, avec ou sans renfort de com 2.0 :
  • la soirée de lancement avec inclusion de gratin plus ou moins huppé issu de la pipoloblogosphère qui fait mécaniquement que n'importe qui tout le monde sera au courant de la nouveauté.
  • la distribution dans une ou plusieurs boutiques différentes du circuit régulier (ex: Chanel qui nous fait régulièrement le coup du vernis en vente uniquement rue Cambon, à St Tropez).
  • le fameux grab it now, tomorrow it might be gone forever sur lequel repose le succès d'H&M (et de quelques autres), à savoir la production limitée distribuée à grande échelle d'un truc relativement banal mais qu'on risque de ne plus jamais revoir si l'on ne cède pas dans l'instant à l'impulsion d'achat.
  • la rupture de stock dans la semaine qui suit le lancement, régulièrement pratiquée par MAC ou plus récemment par Urban Decay avec la Naked 3 (nous détaillerons plus bas).
  • les boutiques éphémères, superbement mises en œuvres par exemple par Nailmatic l'année passée.
  • il y a aussi cette application satanique récente de la sortie mondiale en ligne à une heure inique pour la moitié de la planète avec ou sans limitation d'exemplaire par client.
C'est ce dernier point qui m'a quelque peu irritée.


(source mashable.com)

Tu pars en vacances, peinarde, coupée des réseaux sociaux pour raisons de salubrité, et, à ton retour, tu tombes sur des swatches (je françise) de foufou qui te donnent envie de dégainer ta carte bleue. Oui, mais. Mais, assez rapidement, tu vois que le truc qui t'a bien aguichée avec ses pigments multichromes et ses paillettes scatter holo va être lancé à une heure indue, et tellement loin que tu joues à la roulette russe avec les taxes de douane. Et là, tu déchantes, tu râles, tu grognes, tu pestes, et tu viens pondre un article sur ton blog mourrant tentes de te raisonner tout en chouinant sur Twitter. A la longue, et même en y consacrant un budget indécent assez conséquent, le mécanisme de frustration utilisé systématiquement par certaines marques finit par être lassant.

Voici l'objet de mon ire de la semaine : les nouveaux bébés de chez piCture pOlish que vous pouvez trouver directement sur le site de la marque. (Et pour les amatrices du multichrome scatter holo, vous pouvez aussi aller faire un tour du côté de chez Lélie.)

superbes photos honteusement empruntées à Sam de Fashion Polish

MAC (rappelez-vous le délire autour du premier Viva Glam estampillé Riri ) et  Chanel (une fois par saison depuis des années) sont coutumiers du fait, mais les marques faisant mumuse avec ce mécanisme de frustration sont de plus en plus nombreuses. Nous avons longuement évoqué piCture pOlish, mais n'oublions pas non plus Enchanted Polish, sa vente de vernis mystère sur un créneau de 30 minutes dimanche après-midi avec limite de  flacon par tête ou même Lime Crime et son teasing façon porc sauce licorne autour des Velvetines.
Personnellement, j'ai appris à me méfier des produits dont l'un des principaux arguments de vente repose sur la rareté. Je ne sais pas pour vous mais, à mes yeux, quand on lance un nouveau produit, parler essentiellement de la difficulté à se le procurer au lieu de sa couleur, ses qualités ou l'innovation apportée, ça fait un peu louche. 

Dans un autre style, il est aussi possible d'évoquer le cas de la palette Naked 3 d'Urban Decay, à savoir : succès monstrueux des deux premières palettes et de tous les machins estampillés "Naked" (originaux ou copies), mise en vente de la n°3 à l'arrache fin novembre, retirée des ventes, ressortie pour les fêtes de fin d'année, stock épuisé avec le bouton d'alerte dispo en mode Schrödinger, puis enfin, remise en vente et augmentation de 2,90€ du prix total dans les 48h qui ont suivi.
La mise en vente initiale, soit-disant inopportune, ayant tout de même eu lieu de manière très étendue (régionale ? nationale ?), suivie du retrait dès le début du buzz et d'une augmentation finale du prix qui la ferait presque passer de moyenne à haut de gamme.

Sexy, hein ? (source)

Résumons finalement le lancement de la Naked 3 : buzz > désir > frustration > pognon et produits en tête des ventes depuis des mois chez Sephora, et ce, sans un centime investi dans la publicité en France. Le hasard, vraiment ? Pour moi, ça ressemblerait plutôt à l'application à la lettre d'une stratégie marketing bien rodée.
Même en étant une sacrée camée de la peinture à ongles ou à visage, il y a des marques qui commencent à m'agacer, et pas qu'un peu. J'aime les produits innovants, amusants et/ou de qualité, mais j'aime aussi quand la pub ne me prend pas complètement pour un jambon. Je suis cliente, voire cliente fidèle, des marques citées plus haut (sauf Chanel, faut pas déconner) mais cela ne m'empêche pas d'utiliser mon esprit critique.

Le pire réside tout de même dans le fait qu'on finit toujours parfois par se soumettre à cette logique idiote. J'avais sincèrement réfléchi à la possibilité de caler mon réveil sur l'heure de lancement de piCture pOlish.


Je suis faible, que voulez-vous.

mardi 24 septembre 2013

Shalimar, relecture

C'est la rentrée, ce blog n'est pas encore mort, bonjour.

Petite précision préalable, je n'ai rien contre la marque Guerlain - leurs rouges à lèvres sont pour moi parmi les meilleurs sur le marché- ni contre le luxe, le vrai -lui, je l'aime bien, ce sont ses prix qui ne m'aiment pas. Par ailleurs, je n'ai rien non plus contre la bonne publicité, du genre de celle qui passait dans feu Culture Pub et qui fait appel à des slogans qui ne riment pas forcément et à des mots de plus de trois syllabes non-issus de la novlangue putréfiée actuelle.

Guerlain étant une maison organisée, ils avait déjà fait de la pub pour leur nouveau "film". La blogo en avait déjà causé, les organes de com' aussi, le tout semblait assez élogieux. Bizarrement, j'aurais dû me méfier je partais avec un a priori plutôt positif sur l'engin. Et puis tout a basculé lorsque nous nous sommes retrouvés face à face (le spot et moi) au ciné.

En 2012, Cartier nous avait déjà fait un coup assez similaire avec une Odyssée censée reprendre les "codes de la maison" ainsi que ses emblèmes. Au final, on avait eu un genre de gros gâteau aussi indigeste que vide de sens. Son seul mérite à ce jour ayant été de fournir de quoi grailler à des graphistes qui par ailleurs, avaient fait du très très bon du point de vue de la 3D.
L'industrie du luxe aime bousculer les codes, dit-on. Elle a donc réussi un magnifique tour de passe-passe et créé une zone de flou pas du tout artistique entre pub et court-métrage. Peut-être est-ce aussi là un début de tentative de noyautage des salles classées Arts et essais pour arriver à leur fourguer tout de même leurs bouses. C'est une hypothèse, on verra dans les mois à venir.
Mais revenons à nos moutons.

Le nouveau "film" Shalimar se veut un hommage à une histoire légendaire, celle de la Bégum Mumtaz Mahal et de son mausolée : le Taj Mahal (pour l'histoire détaillée, c'est, par ici et c'est en anglais).
La pauvre Mumtaz Mahal doit à présent faire des saltos dans son mausolée avec la triple insulte que représente cette pub. Trop forts les mecs :
1/ il font rimer Bégum avec légume, à mon avis, la Mumtaz, si l'histoire s'en rappelle, c'est qu'elle ne devait pas simplement jouer le rôle de plante verte.
2/ le palais lui-même : dans la vraie vie, une merveille architecturale réduite au rang de pièce-montée en carton pâte.
3/ le parfum lui-même : censément mythique, il est ici interchangeable avec une fringue / un fond de teint / des rideaux / du shampooing.
Triste, non ?

le Taj Mahal et son reflet.
Arjumand Banu autrement appelée Mumtaz Mahal selon une illustration indienne du XVIIe siècle
Là, vous commencez à visualiser la magnificence de la vie au palais, la lumière dorée de la fin d'après-midi, les lourds effluves d'épices...

Et puis d'un coup, on vous balance ça :

Natalia Vodianova née en 1982
Natalia Vodianova, 31 ans semblant toujours en avoir 16, est l'égérie de Guerlain (maquillage ET parfum) depuis 2009.
La demoiselle a une histoire propre à faire rêver dans les chaumières : jeune fille russe désargentée, elle devient en quelques années l'un des mannequins les mieux payées de la planète puis épouse un rentier anglais avec qui elle se reproduit trois fois avant de divorcer pour se remarier avec le fils de Bernard Arnault, seconde fortune française et accessoirement PDG de LVMH pour ceux et celles à qui l'info aurait échappé. Si ça c'est pas du conte de fée moderne et de l'investissement à long terme, j'ai rien compris.

Bon, à part ça, la brindille slave a beau être jolie, elle n'évoque en rien la sensualité orientale du parfum et encore moins l'Inde du XVIIe siècle. Dans le jargon, on appelle ça une erreur de casting doublé d'un magnifique plantage géographique : la Russie a beau être à l'Est, c'est pas le même continent, les gars et faut pas avoir fait Sciences Po pour le savoir. Quitte à embaucher les épouses Arnault, au pif, Salma Hayek aurait vachement mieux fonctionné.

Le prétexte de l'univers onirique à bon dos : ce qui aurait pu générer un délire de couleurs et de lumière se noie ici dans un gris fadasse et triste. Ils auraient filmé le Mont-Saint-Michel à la Toussaint, ils auraient eu la bonne palette. Là, bizarrement, y'a comme un hiatus.

A ce stade-là, j'ai arrêté de compter les bourdes et les prétendues licences poétiques, ce film est une grosse bouse industrielle, point.

Pour le fun, on va tout de même visualiser deux secondes ce que les créations de Yiqing Yin, la grande couturière chinoise qui a signé la parure de Vodianova, donneraient sur une fille avec un IMC normal un peu plus en chair. Oui, ça aurait de suite une autre gueule. Pour info, les orientales de harem, elles ne devaient pas trop jouer dans la catégorie sylphide. Mumtaz Mahal est pour sa part morte à 24 ans en donnant naissance à son quatorzième enfant, ça plante aussi un peu mieux le décor.

Ce qui nous amène comme par magie au point féministe de cet article (oui, article, y'a assez de mots pour que je puisse l'appeler comme ça).
Je me suis amusée à faire un petit historique (non-exhaustif) des publicités pour Shalimar.


sobre, efficace, tout n'est pas à jeter dans les années 80
celle de quand j'étais petite.
celle qu'on a vue un peu partout dans la rue au début des années 2000.
admirez le passage à l'horizontale et le respect du thème.
arrivée de Vodianova.
celle-là, elle commence carrément à être malsaine : "mon premier" + Vodianova à qui on donne 14 ans surtout même à poil = ça pue
je... non. définitivement non.
petite mise en perspective avec Le Bain Turc, Ingres, 1862
On notera au passage cette sale manie des pubards de vendre des choses avec des meufs à poil. Shalimar s'est toujours vendu et même pour une histoire de modernisation d'image, rien ne justifiait de désaper de plus en plus celles censées l'incarner. la mise en perspective avec le tableau d'Ingres est là pour montrer à quelle point le procédé est "nouveau".

Bizarrement, même avec les mannequins précédents qu'ils avaient déjà bien désapées ça choquait moins. Même si la version allongée était TRES évocatrice, ça restait quand même vachement plus cohérent avec l'orientalisme recherché. Au final, la seule nouveauté avec Natalia Vodianova, outre l'inadéquation formelle, c'est le tournant teen porn pris par la campagne, et honnêtement, on s'en serait bien passé-e-s.
 
Et ceci n'est qu'un minuscule chapitre dans l'univers fabuleux des pubs de parfum. De mémoire, je peux vous citer Opium, autre parfum de légende qui a défrayé la chronique avec ses différentes campagnes, ou encore M7, la seule pub pour parfum ayant à ma connaissance foutu un mec à poil, les deux de chez Yves Saint Laurent.

vendredi 7 juin 2013

2B, la bonne surprise

Il y a quelques mois, j'entendais parler de la marque pour la première fois à l'occasion de son implantation en France chez Parashop grâce à madame Pshiiit. Et puis, j'ai commencé à suivre leur actu sur Facebook, et puis un jour, j'ai vu que la marque débarquait pas loin de chez moi pour installer la collec'. Je n'allais pas rater ça, pensez bien.
Ni une ni deux, debout presque aux aurores, j'ai foncé chez Parashop et j'ai rencontré la Fée qui a pris le temps de discuter avec moi et de me présenter le concept et les produits.

Je vous résume le tout en quelques mots : 2B est une marque belge qui a misé à fond sur le pigment et volontairement oublié la pub. Nous sommes donc face à des produits aux couleurs qui claquent autant dans le pot que sur la peau (ah ah) et tout ça pour franchement pas cher. Ben oui, de 3€ le crayon à 9€ le blush ou le fond de teint avec une majorité de produits vers 4 ou 5€, on peut facilement se faire plaisir sans le regretter derrière (passion petit budget).

Mais voyez plutôt.
aaaah, mes yeux ! (photos : (dé)maquillages )
Faible que je suis, je suis repartie avec : un blush, un eye liner, deux ombres crèmes et un vernis. Le tout pour 24,95€. Les fards crème sont des dupes des célèbres Aqua Cream de M.U.F.E, le liner et le blush tiennent fantastiquement bien et le vernis est 3free. Mon premier petit panier ne contenait que du bon.
Et puis comme je suis un peu maligne, j'avais passé ma carte à la gentille Fée et bim-badaboum, je me suis retrouvée invitée à l'événement organisé par la marque pour la présentation de la collection.

Une Fée (et même trois, en réalité), des choux, des blogueuses, du maquillage et deux ateliers avec des pros : colorimétrie et maquillage.
Valérie m'a donc appris à reconnaître les couleurs qui me vont bien au teint, comprenez, qui ne me donnent pas l'air de sortir d'un cul de basse fosse. Je ne me trompais pas en misant à fond sur les couleurs qui piquent les yeux (un jour, je vous parlerai de mon amour pour le vert pelouse), je vais simplement éviter le bleu roi à l'avenir vu qu'il fait ressortir mes cernes de façon absolument démente (tant pis, il sera désormais cantonné aux manucures). Merci Valérie !
Ensuite, je suis passée entre les mains magiques de Faustine-Léa, la maquilleuse. Et comme à chaque fois que je croise le chemin d'une maquilleuse pro, j'ai lancé que je n'avais absolument pas peur de la couleur. Oh, tiens, du orange !

 le orange est une couleur très sobre. (photos : (dé)maquillages )
 Et puis il y avait aussi les vernis, et moi, quand y'a du vernis, je deviens un peu dingue. Surtout quand j'ai une trentaine de couleurs à disposition.
 une petite base verte, des couleurs, du sctoch et un dotting tool. (photos : (dé)maquillages )
Je suis repartie bichonnée et pourrie gâtée par l'équipe et totalement convaincue par la marque aux couleurs folles.

Au passage, j'ai révisé mon jugement sur le prix des produits, cela fera l'occasion d'un prochain billet. 
Pour terminer, un grand merci à Sophie, Nathalie, la Fée et à 2B.
La gamme continue de s'implanter progressivement en Franche dans le réseau Parashop, ouvrez l'œil ! Plus d'infos ici.